Le surpoids de la femme enceinte augmenterait le risque d’épilepsie chez l’enfant à naître, selon une étude suédoise.

Les enfants nés de mères en surpoids ou obèses ont plus de risques que les autres d’être atteints d’épilepsie plus tard dans leur enfance, rapporte une vaste étude publiée ce lundi 3 avril dans JAMA Neurology. Selon ces travaux du Karolinska Institutet (Suède), cette augmentation de risque varie de 11 à 82 %.

Les causes de l’épilepsie sont encore peu connues, et dans 60 % des cas, les médecins n’arrivent pas identifier le facteur déclenchant. Au vu de la hausse de l’incidence de l’obésité maternelle, les scientifiques suédois se sont intéressés aux éventuels effets neurologiques pour les enfants à naître. Il est en effet connu que ces grossesses sont plus compliquées que les autres, notamment parce que l’obésité augmente le risque de diabète gestationnel, d’hypertension ou de pré-éclampsie. Les enfants sont alors plus à risques d’être victimes de malformation congénitales, de naître prématurément ou de souffrir d’hypoxie lors de l’accouchement.

Pour mener leurs travaux, les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de 1,4 million d’enfants nés prématurés, ou à terme, entre 1997 et 2011 dans ce pays d’Europe du Nord. Plus de 7 500 d’entre eux ont développé une épilepsie entre leur 28ème jour et leur 16ème anniversaire. En parallèle, ils ont noté l’indice de masse corporelle (IMC) de toutes les mères au moment de leur grossesse.

Des grossesses à haut risques de complications

Il apparaît que plus l’IMC maternel est élevé, plus le risque d’épilepsie pour l’enfant augmente. Ainsi, les enfants nés d’une mère en surpoids (IMC compris entre 25 et 30) ont un risque accru de 11 % d’être épileptiques par rapport aux enfants nés d’une mère de poids normal (IMC entre 18 et 25). En outre, les enfants de mères obèses modérées (IMC entre 30 et 35) ont 20 % plus de risques, ceux nés de mères obèses sévères (IMC entre 35 et 40) ont 30 % plus de risques et les enfants de mères obèses morbides (IMC supérieur à 40) ont 82 % plus de risques que les enfants de mère de poids normal.

Dans un commentaire accompagnant l’étude, le Dr William Bell du département de neurologie de l’université d’état d’Ohio (Etats-Unis) explique que l’obésité provoque une inflammation chronique dans l’organisme. « Cet état, ainsi que les facteurs génétiques, pourrait créer un environnement intra-utérin anormal, ce qui contribuerait au développement de complications maternelles, périnatales et postnatales », suggère-t-il pour expliquer cet impact négatif de l’obésité.

Prévenir l’obésité et le surpoids maternel

En parallèle, les auteurs ont montré que les enfants atteints de malformations du système nerveux, de lésions cérébrales dues à un trop faible apport d’oxygène (appelée encéphalopathie hypoxique ischémique) ou de convulsions sont plus susceptibles de développer l’épilepsie. Ils rapportent aussi que l’hypoglycémie néonatale ou le syndrome respiratoire doublent le risque d’épilepsie tandis que la jaunisse l’accroît de 50 %.

Ces complications, en grande partie liée à l’obésité, ne semblent pas expliquer pourquoi les enfants nés de femmes en surpoids ou obèses sont plus prompts à souffrir d’épilepsie que les autres, notent les auteurs. Malgré l’absence d’explication, les chercheurs du Karolinska Institutet estiment « que la prévention de l’obésité chez les femmes en âge de procréer pourrait être une stratégie importante de santé publique afin de réduire l’incidence de l’épilepsie ».

Un avis que partage le Dr William Bell. Dans son commentaire, il rappelle que les femmes en surpoids ne devraient pas prendre plus de 11,5 kg pendant leur grossesse, et les femmes obèses moins de 7 kg. Pour éviter toute prise de poids inutile, et dangereuse pour le fœtus, il recommande à ses confrères gynécologues de délivrer des conseils nutritionnels à leur patientes avant leur grossesse, et aux femmes désirant être enceintes de pratiquer une activité physique durant au moins une heure par jour pour perdre du poids. Des exercices physiques qu’il est tout à fait possible de poursuivre lors de la grossesse s’il n’y a pas de contre-indications, assure le neurologue américain.

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Source : pourquoidocteur.fr

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