Ce 25 novembre, le docteur Véronique Fournier, directrice du « Centre éthique clinique », a organisé à l’hôpital parisien Cochin une journée-débat sur « l’autoconservation des ovocytes pour raison d’âge ». Contrairement à l’Espagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, le Canada ou encore le Japon, la vitrification (ou congélation) des ovocytes n’est autorisée en France que pour des raisons médicales, dans le cas de traitements « susceptibles d’altérer la fertilité », comme par exemple une chimiothérapie. Cependant, depuis fin 2015, un décret autorise désormais les femmes à faire don de leurs ovocytes et à en conserver une partie pour elles, s’il en reste (cf. Don d’ovocytes : sans le savoir, des femmes mettent leur santé en danger pour 500 £).

Il n’existe pas de chiffres officiels sur le flux de patientes qui se rendent à l’étranger pour mettre de côté leurs ovules, mais les cliniques frontalières parlent de « plusieurs centaines » de françaises qui viendraient les visiter par an (cf. Royaume-Uni: en cinq ans, le nombre de congélations ovocytaires a triplé).

Plusieurs médecins, qui se positionnent contre la vitrification d’ovocytes, évoquent eux un risque d’eugénisme. Béatrice Rime, gynécologue à Rambouillet, assure : « Je crois que cela crée l’illusion que l’on peut avoir un enfant à n’importe quel âge. Ce qui n’est pas vrai ! Si tout est autorisé, des filles de 25 ans s’y mettront sans plus se soucier du processus naturel qu’est la procréation. Sans parler du coût, car il faudrait pouvoir le rembourser pour ne pas créer d’inégalité sociale » (cf. L’autoconservation des ovocytes est « tout sauf une avancée pour les femmes »Congélation d’ovocytes : La mise en garde d’experts britanniques).

Source: Le Parisien (25/11/2016)

Page d’accueil

Publicités